A propos de La Taupe

Certains d’entre vous ont souhaité en savoir plus sur la face cachée de la vie de celui que RAM surnomme LA TAUPE depuis son enfance.

 

Pays : Belgique. Age : 45. Sexe : masculin. Monsieur « La Taupe » paraît tel qu’une menace: serait-il le thuriféraire d’une secte assoiffée du sang des chats pour assouvir un rite macabre ?

Pas de doute, cet internaute a de l’imagination ! Je lui conseille vivement de se mettre à la tâche, et d’écrire une histoire qui, sans aucun doute, fera frémir (de joie) ses lecteurs. Son approche est toutefois intéressante aussi pour mettre en évidence un élément fondamental, contenu dans l’histoire de RAM. Qui nous donne à connaître cet homme, voisin d’immeuble de RAM, qu’il connaît depuis la petite enfance, sinon RAM lui-même ? Avons-nous vu à un endroit ou un autre de ce grand livre transmédia un message personnel du taxidermiste ? Oui, une lettre anonyme qu’il a suspendue à un fil dans la cour de l’immeuble, devant une bassine. Là, dans la vidéo appelée LE FIL, celui que RAM surnomme La Taupe utilise des mots bien à lui : « Dans la cave. Sous la lucarne. Une caisse. Mets les lunettes et vois comme je vois. » La Taupe a déposé ses lunettes jaunes sur une petite caisse qui contient la momie de Raspout’, le chat qu’Olga avait offert à RAM quelque temps avant de s’en aller pour toujours. Pourquoi ce geste, sous cette forme ? Il y a un message sous-entendu dans « Vois comme je vois ». On pourrait le développer comme ceci : « Je te connais, de loin c’est vrai, depuis que tu es tout petit, car tu accompagnais ton père lorsqu’il venait me rendre visite au Musée des Sciences naturelles où j’étais alors gardien. Tu le sais, il avait reconnu en moi un véritable connaisseur de l’art funéraire de l’Egypte antique, sujet qui l’intéressait au plus haut niveau. Lui, ne me jugeait pas. Pourtant expert diplômé, érudit, et savant, cet homme acceptait de m’interroger sur mes modestes connaissances d’autodidacte. Il ne se posait pas de questions sur mon apparence, mes « drôles de lunettes », mon air parfois un rien égaré, c’est vrai. Informé sur le fait que j’étais aussi taxidermiste amateur, il ne m’a jamais confondu, comme tu le fais depuis toujours, avec un tueur de chats en série. Il m’a posé des questions sur ce travail minutieux auquel j’avais été initié dans l’enfance par mon grand-père Jos, né en1894, fils de Pieter qui avait fondé en 1897 à Baarle notre droguerie familiale. Ton père venait voir mes réalisations dans mon petit atelier situé en surplomb de la place du marché où tu vis désormais. Il y avait là quelques oiseaux empaillés, mes premiers travaux exécutés à Baarle avec l’aide de mon grand-père, alors que j’avais douze ans et que je venais d’entamer mes études techniques. Ces oiseaux, je ne les avais pas tués moi-même. La chatte Popí que ma mère adorait s’en chargeait sans vergogne. Cette véritable tueuse, jamais punie, suscitait en moi une rage impuissante, mais il m’était impossible de m’opposer à ma mère qui la surprotégeait. En donnant aux victimes de Popí une seconde vie, je parvenais tant bien que mal à réparer le tort qui leur avait été fait. Ton père m’a également vu empailler des chats que des gens de la ville me confiaient. Sitôt que leur animal de compagnie mourait, n’ayant pas le cœur de s’en séparer totalement, ces pauvres personnes complètement décontenancées venaient frapper à la porte de celui dont ils avaient entendu parler, « l’homme qui  donne l’éternité», et lorsque je leur restituais leur ami transfiguré, parfois plus beau que nature, leur joie me mettait du baume au cœur, un cœur lui-même en lambeaux mais que je ne parvenais jamais à réparer. Pour conclure, je dirai que ton père n’avait aucun préjugé à mon égard, parce qu’il avait tout simplement pris la peine de me connaître. C’est pourquoi, je t’invite à porter mes lunettes et à changer de regard, pour une fois. Poses-toi alors ces trois questions. " Qui suis-je ? Pourquoi dois-je porter de telles lunettes ? Et pourquoi ai-je momifié ce jeune chat que tu adorais ? »